Le cas Adrienne Bolland

09/05/2015 08:27

Tout chercheur doit parfois être un hérétique, c’est-à-dire un apostat qui, au sens grec du terme, déserte volontairement les sentiers battus et mille fois foulés de la recherche limitée pour aller plus loin dans la découverte et s’interroger  sur des faits étranges, que Charles Fort nommait maudits.

L’énigme Adrienne Bolland que nous allons rapporter ici va faire dresser les cheveux sur la tête des rationalistes les plus chauves mais, pour les consoler de notre outrecuidance, de notre hardiesse, nous leur demanderons seulement de vérifier les éléments de notre enquête.

Adrienne Bolland nous a quittés il y a quelques années, pour rejoindre le Baron rouge au bar de l’escadrille des pilotes téméraires. C’est grâce aux conseils d’un médium que l’aviatrice réussit, en 1921, la traversée de la Cordillère des Andes. Monde inconnu, la Cordillère n’avait jamais été prospectée par les topographes et aucune carte n’existait alors de ces lieux terriblement inhospitaliers.

Tenter une telle aventure à bord d’un avion datant de la Première Guerre mondiale était une pure folie, pour ne pas dire un suicide. Les appareils de l’époque ne dépassaient jamais un plafond de 6 000 à 7 000 mètres. Cinq aviateurs avant elle avaient trouvé la mort en voulant tenter cette traversée.

Tous les amis d’Adrienne s’efforçaient de la dissuader d’aller ainsi risquer sa vie dans une aventure sans lendemain. Elle condamna sa porte, voulant échapper pour quelques heures à ces excédantes recommandations.

Une visiteuse parvint cependant, on ne sait comment, à la joindre.

L’aviatrice avait en face d’elle une dame d’un âge respectable, paraissant très exaltée :

« Je suis venue vous donner un conseil, dit cette personne. Lorsque vous survolerez les abords de la Cordillère des Andes, vous vous trouverez engagée face à une longue vallée. A un certain moment, vous surplomberez un lac ayant la forme d’une huître. Là, si vous continuez la vallée qui va vers la droite, vous n’en reviendrez jamais ; mais si vous virez à gauche, vous parviendrez devant un barrage de sommets paraissant infranchissables ; dirigez-vous alors vers des cimes ayant la forme d’un dossier de chaise retourné ; lorsque vous l’approcherez, vous découvrirez une brèche. N’hésitez pas : passez dans cette brèche ; tout ira bien. »

Adrienne Bolland, qui était toute à son vol, congédia l’illuminée, mais resta quand même sous le coup d’une curieuse impression. A l’aube, le lendemain, elle s’envolait, laissant sur le terrain ses amis totalement persuadés de ne plus jamais la revoir.

Elle survola la longue vallée encaissée, que cinq ou six pilotes avant elle avaient déjà empruntée, lorsque tout à coup elle sursauta. Sous son avion, le lac en forme d’huître brillait sous les rayons du soleil matinal. Très troublée, elle repensa à sa visiteuse de la veille. Sans hésiter, délaissant la vallée qu’elle comptait pourtant suivre, elle vira sur sa gauche vers le mur des hauts sommets qui semblaient lui barrer la route.

En approchant, elle découvrit une cime qui avait la forme d’un dossier de chaise retournée. Se dirigeant vers elle, l’aviatrice eut la surprise de voir la brèche indiquée par sa visiteuse. Elle s’y engagea et, se trouvant au-dessus des pentes descendantes du versant opposée, elle se laissa glisser jusqu’à Santiago du Chili.

La Cordillère des Andes avait été vaincue par une française !

De retour en Argentine, elle n’eut plus qu’une hâte : retrouver la précieuse conseillère, car elle était troublée et intriguée par l’exactitude des renseignements, qui lui avaient valu la réussit. De qui son étrange visiteuse tenait-elle tant d’informations exactes sur ces sommets inviolés et considérés comme totalement inconnus ?

La dame lui fit cette curieuse réponse :

« Personne, que je sache, ne connaît la Cordillère des Andes ; mais je fais partie d’un groupe de médiums : nous nous sommes intéressés à votre voyage qui passionnait et inquiétait l’opinion. Lors d’une séance de spiritisme, une de nos amies, guidée par une entité, nous a ordonné de vous transmettre ces renseignements et c’est moi qui me suis portée volontaire pour vous joindre. » 

Peu de mois avant sa mort, survenue il y a quelques années, Adrienne Boland, femme solide et équilibrée, affirmait être toujours fort troublée par cette incroyable aventure.

L’aviatrice conquit des sommets réputés inviolables grâce à une communication venue d’un autre temps, d’un autre univers encore inaccessible à nos sens

Des questions sans réponses

Nous sommes environnés de chose sans nombre qui échappent à notre sensibilité et attisent notre curiosité. A chaque instant, le fantastique est présent à nos côtés et nous aimerions bien connaître les lois qui le régissent.

L’être humain a toujours été attiré par le mystère, et la soif de l’invisible hante chaque génération. Scientifiques et empiriques poursuivent un même rêve : découvrir les frontières exactes et précises de la connaissance humaine, ceci afin de pénétrer dans cet univers parallèle qui semble gouverner nos vies. Malheureusement l’imperfection de nos sens dissimule un monde infini de vibrations, sans doute plus peuplé que celui que nous connaissons…

 

Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©

 

Image :

http://www.aerodrome-gruyere.ch/hommage/cordillere.htm