Le Prieuré de Carluc

21/03/2015 10:19

En Haute Provence, entre Apt et Forcalquier, aux pieds du Luberon un site étonnant semble oublié des nombreux touristes qui visitent cette région, source d'inspiration pour de nombreux poètes et artistes.

Situé sur la commune de Cereste, Le Prieuré de Carluc est un haut lieu privilégié du patrimoine, implanté  à proximité de la Voie Domitienne tracée par les Romains sur lieu dit le Grand Clapier. Dès l'antiquité cette route  primitive reliait l’Italie à l’Espagne.
Sa situation fut favorable aux divers échanges commerciaux et aux pèlerinages qui contribuèrent   à la célébrité du sanctuaire. Halte obligée pour les voyageurs allant vers Rome et inversement à Saint Jacques de Compostelle, il nous est impossible  aujourd'hui d'imaginer son rayonnement.

C’est en 1011 que le prieur bénédictin Archinric en provenance de la grande abbaye de Montmajour, à Arles fonda avec l’aide de quelques moines, l’abbaye Saint Pierre de Carluc. Cette dernière  fut prospère jusqu’au XVIIe siècle, mais les guerres des religions, les épidémies et la Révolution eurent raison de ce saint lieu qui fut abandonné…

Actuellement, on y accède par la sortie ouest de Céreste. A 1,5 Km on y parvient par la ferme du grand Carluc.

L’étymologie du lieu semble être une association du mot Kar- (d’origine pré-indoeuropéenne désignant une zone rocheuse) et du latin Locus (lieu, mais aussi agglomération rurale. Un texte de la fin du IXe siècle parle d’ « in pago Karlioco. » Kar se rapproche du dialecte breton Ker signifiant également « lieu » et Luc se rapproche de Luci qui signifie « de jour ». Rien ne  nous interdit  de spéculer sur le symbolisme que cet endroit peut nous offrir, et se révéler aux profanes, comme un seuil qui souhaite qu’on le franchisse, pour accéder à un autre espace vibratoire…

Au milieu de chênes verts séculaires,  nichés dans le fond d’un vallon se dévoilent peu à peu les uniques vestiges d’une nécropole Carolingienne et d’un Castrum dominant un monastère du XIXe siècle en partie délabré...

Seuls, les restes de la chapelle, désignée sous le vocable de Notre Dame (XIIe siècle), demeurent en parfait état de conservation. Voici brièvement ce qu'il est possible d'y découvrir.          

L’abside : Pentagonale, éclairée de trois grandes fenêtres en plein cintre, est couverte par une voute d’ogives soutenue par de fines colonnes de pierre, aux chapiteaux décorés de feuilles d’acanthe. Au dessus de l’autel trône une fresque  du XVIe siècle figurant la grandeur du Christ et un sujet en prière. La clé de voute   est enrichie en son centre d’un Agnus Dei.

La travée de chœur : d’où s’étire perpendiculairement la nécropole est surmontée
d’une voûte reposant sur de solides piliers de pierre. A l’extérieur, la chapelle est décorée de deux colonnes cannelées aux chapiteaux sculptés d’oiseaux pour l’une et d’un atlante pour l’autre.

Malheureusement la nef qui fut aménagée dans le roc, s’est écroulée au début du XIXe siècle, ceci à la suite  à de nombreux pillages des pierres des contreforts et des murs.

La galerie Funéraire :

Mesure vingt six mètres de long et elle fut taillée dans le rocher. Des tombes rupestres sont disposées des deux cotés. Cette galerie fut couverte de voutes en arrêtes, soutenues par une vingtaine de colonnes. Elle se termine par une grande cellule creusée dans le roc qui atteste de l'ampleur et de la beauté de cette fondation au sein du ravin de Cure. C’était probablement le sanctuaire de ce Prieuré. On y découvre également quatre antiques sépultures et de nombreux trous aménagés dans les parois de la roche, permettant d’apercevoir le cœur de  la galerie et de discerner une des tombes, qui semblerait avoir été l’objet d’un culte particulier pour les pèlerins du moyen âge.

Par une porte taillée dans la pierre on débouche dans la chapelle Saint Jean-Baptiste, aux pieds de laquelle coule une source.

On y remarquera une tombe encastrée dans l'épaisseur du mur de la profonde cellule, qui d’après certains archéologues aurait pu être une cuve de rituel funéraire. Plus loin, les traces de la chapelle Saint-Pierre, dont l’autel est taillé à l’assise d’une grotte qui dit-on aurait abrité un ermite, dès le VIIe siècle. C’est dans cette partie primitive que l’histoire de Carluc débuta   et de cette période du haut moyen âge, il ne reste que la trace d’un hypothétique édifice Carolingien.

Nota : le site, propriété privée, est en travaux et ne se visite pas sans autorisation pour des raisons évidentes de sécurité. La commune de Céreste organise des visites commentées de l’ancienne église : Veuillez vous renseigner auprès de l’office de tourisme de la commune.

Mairie de Céreste 04280 – tel 04 92 79 00 15

D’après les Sources :

Association pour la sauvegarde et l’animation du Prieuré de Carluc -
Mairie de Cereste 04110

http://hauteprovence.merveilles-du-var.net/04/carluc/carluc.php

 

Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©

Photos de la collection de Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé