Les vampires : réalité ou fiction ?

07/06/2015 11:29

Remontons le temps

En premier lieu, il nous faut  explorer les anciennes chroniques évoquant ces morts-vivants, revenus d'un hypothétique "Ailleurs". C'est en 1746 que nous voyons  apparaître le terme vampire, issu de l’allemand « Vampir.»  Celui-ci désigne un fantôme sortant la nuit de son tombeau pour sucer le sang des ses victimes. Bien des civilisations vont amplifier, sous des noms différents, leurs vampires en divergences avec la tradition populaire.

Les observations d’alors sur le sang permettaient d’avancer que l’on mourrait : par absence de ce fluide de vie ,  par diminution des forces physiques dues au manque du vital liquide, et du fait (comme l'énonce l'Ancien Testament) que celui-ci  constitue l’âme, le savoir et la faculté d’être éternel. Il n’en fallut pas plus pour les «  cultes du sang » se propagent  partout dans le monde.

Le vampire  est une croyance particulièrement répandue  en Russie, en Pologne (Upirs), en Europe centrale, en Grèce (Broucoloques, Brucolaques : mot dont se servaient les Grecs pour désigner ce que la superstition moderne nomme vampires): les Ghorls, en Arabie.

La tradition veut que ceux qui ont été victimes des vampires deviennent vampires à leur tour : ils sont à la fois vidés de leur sang et contaminés.

Dans le symbolisme, le vampire est l’allégorie de «  l’appétit de vivre » et surtout l’inversion des forces psychiques contre soi-même.   

Ce dernier est caractérisés par une grande beauté physique Il peut se transformer en animal le plus souvent en chauve souris ou en  loup, il se fond en brouillard,  passe  à travers les murs. Son ombre n'existe pas. Il est réputé pour avoir une haleine… fétide.

Un thème séduisant

Le vampirisme est l’un des thèmes abordé dans l’ouvrage de Gaston Leroux publié en 1923: « La poupée sanglante, la machine à assassiner » L’écrivain fera dire à son héros, un relieur du nom de  Bénédict Masson;  au quatrième chapitre de son récit « …d’autres avant moi ont prononcé le mot farce… » Masson se fera accuser du meurtre de sept femmes. Il sera jugé et guillotiné sans qu’il ait eu la moindre chance de prouver son innocence.          
Le cerveau du supplicié  sera récupéré et utilisé pour l’élaboration d’une sorte de Golem (qui deviendra Gabriel.) A la place des organes vitaux du corps humain, on        lui implantera un mécanisme d’horlogerie communément appelé par ses créateurs «  Le mouvement perpétuel »

Ce récit  est agrémenté d’une sombre histoire de Vampire,  d’un marquis de Coulteray qui terrorisera sa femme en lui faisant croire qu’il était une strige. Chaque nuit, ce dernier  viendra  boire son sang à l’aide d’un trocart...

Nota :

Nous avons eu l’occasion d’aborder le thème de "La poupée sanglante, la machine à assassiner " dans notre ouvrage : "Arcane X, les secrets initiatiques de Rouletabille et Arsène Lupin" Editions Oxus (2004).

Les vampires se sont insinués dans notre existence et nous les retrouvons au quotidien  tant au cinéma que dans la littérature. Mieux, aujourd'hui,  une Vamp est une femme fatale, une femme qui aime séduire. Parfois  certains  vampires endossent  le rôle de « bienfaiteur »   jouant   avec les sentiments altruistes de leurs semblables ! Vampiriser les émotions et les pensées des autres leur confère un redoutable état de puissance et d’emprise sur leurs victimes.

Avec ou sans Ail ?

Si dans la tradition, certains enseignent   que  l’ail constitue une protection contre ces  monstres, l’églantier ou l’absinthe ainsi  que le signe de croix et le miroir seraient des moyens plus efficaces visant à les faire fuir.

Dans l'Égypte ancienne, pays considéré comme ayant été l'un des berceaux des vampires, l'ail était très utilisé. Distribué gratuitement avec du pain aux bâtisseurs de pyramides. L'ail était surtout reconnu pour la force et la protection contre certaines qu'il confère à certaines maladies endémiques de la vallée du Nil. On en a retrouvé sur les sarcophages de la vallée de Rois. Il était supposé aider le défunt à effectuer son voyage dans la "douat": l'au-delà.  .

Des visiteurs de la nuit

Cette légende se trouve liée à une maladie d’origine sanguine très complexe,
« La porphyrie ». Le sang humain comprend d’innombrables cellules ce sont les hématies  chargées de charrier l'oxygène et gaz carbonique. Pour accomplir leurs rôles, ces dernières  contiennent une molécule appelée hémoglobine. Cette molécule se comporte à la manière d’un aimant et capte l’O2 ou le CO2. L’hémoglobine contient également un autre type de molécule : « l’hème ».
Ce sont les porphyrines contenues dans l’hème qui sont à la base de la porphyrie.
La molécule de porphyrine, recueille l’énergie solaire et la convertit en une toxine pour les cellules corporelles. Les parties exposées au soleil, sont les plus vulnérables.    La porphyrie érythropoïétique congénitale présente des symptômes comparables a ceux des vampires car elle provoque la photodermatite qui est une hypersensibilité à la lumière.

Ils sont nés avec le monde

 Les anciens Mésopotamiens craignaient que les corps enterrés non-conformément aux rites se relèvent de leurs tombes et attaquent les vivants pour sucer leur sang. Selon les vieilles légendes roumaines, le vampire est le cadavre d'un excommunié, qui ne fut pas été enterré religieusement.

L'Histoire rapporte que dans l'ancienne Egypte vécut un  couple légendaire : Akasha et Enkil,  tous deux étaient des vampires. Ils furent surnommés « Ceux qu'il faut garder ». Leur histoire se résume ainsi : En  4011 avant J-C, Enkil épouse Akasha afin de  pouvoir régner selon ses méthodes. Avec son aide  il fit supprimer le cannibalisme pour le remplacer par le principe de momification. Un jour, il apprit qu’une demeure était possédée par un esprit nommé Amel.         
Enkil s'y enferma avec Akasha pour le contenir mais un groupe de rebelles fit irruption dans la demeure et assassina Enkil et Akasha, cette situation avantagea Amel et lui permit d'entrer dans le corps d'Akasha. Ce qui créa le premier vampire. Akasha transforma Enkil également en strige tout de suite après sa transformation.

Dracula

Le Vampire prendra toute sa dimension à partir du célèbre roman de l'écrivain Irlandais Bram Stoker en 1897 (soit cinq ans après le roman de Jules Verne, le Château des Carpathes,).

Le Dracula de Bram Stocker évoque  l'histoire d'un vampire qui se repaît du sang des vivants. Ce  roman s'inspire du surnom d'un personnage historique, Vlad Tepes (Vlad III dit  l'Empaleur) né en novembre 1431, et qui fut prince de (Valachie) Moldavie au XVe siècle, Vlad Ţepes était un cruel barbare qui aimait rependre la désolation par tout autour de lui. Certains prétendaient même qu'il buvait le sang de ses victimes, la légende affirme qu'il « sauçait » son pain dans le sang
Ce monstre fou  tuait celles et ceux qui se mettaient en travers de sa route après leur avoir infligé d’atroces souffrance. Il laissait mourir et pourrir ses victimes empalées, à la vue de tous pendant des jours.

L'ordre des dragons de saint Georges

Ses nombreux surnoms tels que Tepes (l’empaleur en Roumain) et Draculea, qu’il devait à son père Vlad II le Dragon, qui fut membre de « l’Ordre des Dragons de Saint Georges. »  .

Comme signe distinctif, ces derniers portaient un dragon sur leur casque. Entre autres, les intentions de l'Ordre visaient la mort du sultan « Mourad I » grand réformateur de l’empire ottoman qui finit poignardé, en 1389 par Milos Obilic le fondateur de l'Ordre du Dragon de Saint-Georges et gendre du Roi de Serbie.

Etranges récits 

Bien que nous n’ayons pas les moyens de vérifier la véracité de ces curieuses affaires, car il faut toujours être prudents  avec ce genre de traditions, nous trouvons intéressant d'en aborder certaines. Tout d’abord la mystérieuse  histoire du soldat Autrichien Arnold Paole qui  trouva la mort en 1727 dans un petit village de Serbie. 

Paole racontait à qui voulait l’entendre, avoir été attaqué par un vampire au cours de son service militaire et qu’il  était persuadé d’en porter la malédiction.
La légende affirme que peu de temps après son décès, on compta plusieurs victimes marquées d’une morsure au cou dans le petit village de Serbie. On  prétend également que Paole et toutes ses victimes furent exhumés et transpercés d’un pieu. Lorsque fut ouvert son cercueil, on trouva son cadavre intact et ses lèvres étaient couvertes de sang…        
Il aurait poussé un hurlement horrible lorsqu’on lui planta le pieu dans le cœur.

NOTA: Il y a une cinquantaine d'année, lors d'une excavation réalisée dans le but d'implanter un immeuble, les fouilles révélèrent, au pied de la colline de Cimiez à Nice, le squelette d'un homme dont la poitrine avait été transpercée au niveau du cœur par un pieu. Les cotes du thorax portaient des fractures attestant du traumatisme violant qu'avait reçu le cadavre.

Plus récemment  le vampire de Nuremberg défraya la chronique journalistique. Un sadique nécrophile qui commettait des séries de meurtres et vandalisait des tombes d’où il déterrait les corps  de femmes fraîchement inhumées, afin de leur ouvrir la gorge et de boire leur sang. En 1972, il tua un jeune couple d’amoureux dans leur Mercedes, sur lesquels il se livrât au même rituel sanguinaire. Le «  vampire des cimetières », Kino Hoffman était un ouvrier d’usine de 39 ans, quand il fut arrêté il reconnut avoir visité au moins quinze nécropoles. Il commettait ses méfaits pour se venger de ses difficultés sexuelles avec les femmes. A ce sujet il  déclarera à la police de Nuremberg : Je buvais le sang des femmes mortes, car je voulais les sentir en moi.

 

Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©

 

Image :

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Bibliographie

 

http://elfetvamp.ifrance.com/persochro.htm

http://www.geocities.com/slinky_so/enkil.html

http://www.ambiance-fantastique.com/PAGES/vampire.html

http://www.vampires-fr.com/index.php

http://www.cerpi.be/SURNATUREL/VAMPIROLOGIE/ail.htm

http://pages.infinit.net/marct/porphyri.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnold_Paole

http://www.vampiredarknews.com/museum/vampire/8.html

http://www.morsure.net/spip.php?article240

http://gothic.centerblog.net/169686-KINO-HOFFMAN-le-vampire-de-Nuremberg

Dictionnaire encyclopédique de l’Etrange, des Mythes et des Légendes
 par Roger Antoni - 2000

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant –
Edt Robert Laffont – 1982

Le grand livre des créatures Fantastiques – illustrations par Manuel Calderon –
Vilo Jeunesse 2006